Paroles

Paris Lumière

Autrefois, y’avait des gens qui ont dit : « Faisons des villes
Pour enterrer nos frayeurs , ce s’ra plus simple à plusieurs
Ce s’ra plus simple à beaucoup, derrière nos murs de pierre
L’oeil collé aux meurtrières, de chasser les hordes de loups
De chasser tout c’qu’est pas nous, étrangers, pestiférés
Truands, saltimbanques, filous, juifs errants et faux prophètes… »

Jour et nuit de la lumière, temples d’or chatoyants
Rumeurs douces de la vie, tous les samedis la fête
L’âge d’or des villes vint, villes phares éblouissants
Vers qui vont tous les désirs et les rêves de continents

Et puis les villes ont grandi, sont devenues boulimiques
Monstrueuses et hystériques, bouffant tout, ne rendant rien
Gigantesques, tentaculaires, boursouflées et hydropiques
Pestilentielles et criardes, concentrationnaires, blâfardes
Villes mutilées dans leur corps qui exhalent des senteurs,
De mille tortures chimiques, cadavre très avancé

Nous nous sommes les produits d’une de ces salop’ries
Ça s’appelle Paris Lumière, ça agonise comme Venise
Et sous les ponts de Paris coule massivement la mort
« Sous les ponts de Paris, coule la Seine »… et la merde !!…

Nous nous sommes les produits d’une de ces saloperies
Où l’un est l’enn’mi de l’autre, retranché, aveugle et muet
Chacun fait sa propre geôle dans un désert surpeuplé
Des millions de morts s’agitent dans un flot d’indifférence
Tu me croises, je te croise et vite, nos regards s’évitent
On se frôle par accident, c’est la décharge électrique

Les nourritures éclectiques ensachées dans du plastique
Vont faire de nous des mutants, grosses têtes et corps éthiques
Et bientôt le 100ème Plan bétonnera notre cerveau
Plus jamais d’insurrection grâce au conditionnement

Alors nous, naïvement, pour nous sauver du néant
Par nos guitares fluettes, nos ridicules voix aphones
On balance nos curieux chants, chants dérisoires, inutiles
Essayant juste un moment d’être avec vous vous avec nous
Puis après comme si souvent, dans la salle morte et déserte
La solitude va rentrer nous aider à tout ranger

Dans la nuit, les bagnoles vont vers l’hôtel aseptisé
Dont les murs pissent une musique de pauvres musiciens châtrés
Et dans le lit seul et froid mains en coquille sur le sexe
Comme un foetus dans un ventre, rêves enluminés d’enfant

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