beranger

  • Les oiseaux mécaniques

    Quand les oiseaux n’étaient pas mécaniques Il y a bien de cela 30 ans Ils chantaient tous de façon anarchique Dans des arbres de 300 ans Ils pondaient des oeufs dans des nids bien à eux Maint’nant grâce à nous les mutants Dans le béton brut, plus d’impondérable Ça n’sera jamais plus comme avant Sur bande magnétique, mon programme tactique pour relaxation théorique Quand les oiseaux n’étaient pas mécaniques Il y a bien de cela 30 ans On nous a montré aux programmes scientifiques De la populo-vidéo Les ravages iniques de ces êtres merdiques Qui salissaient le monuments Sans compter les risques pour la santé publique Contenus dans leurs excréments…

  • Le monde bouge

    Mais partout le monde bouge Mais partout le monde éclate Là où régnait le silence Certains font porter leur voix Jusqu’aux remparts du royaume Où l’on n’adore que l’or Vous, tout là-haut dans vos bastions À gouverner cités et nations Ne voyez-vous pas qu’il est trop tard Qu’il est trop tard, qu’il est trop tard Que le monde se fera sans vous ou contre vous Que le monde se fera sans vous ou contre vous Ils nous disent, les censeurs Que les grèves ne sont que rêves Les grévistes des rêveurs Vivant quelques heures brèves Que les vieilles réalités Sauront bientôt les briser Vous, tout là-haut dans vos bastions À…

  • Manifeste

    On m’a dit fais des chansons comme-ci, on m’a dit fais des chansons comme ça Mais que surtout ça ne parle jamais de choses vraies, tellement vulgaires Comprenez-vous, entre nous, cher ami, la réalité faut un peu l’arranger La réalité vous savez comme c’est, bien souvent dégueulasse Non, dans une chanson pour faire des ronds, il faut créer des images illusion Pour faire avaler à nous pauvres couillons notre ennui quotidien. Viens mon amour, ma joie, sur la colline aux senteurs orientales On va sûrement rencontrer Jésus-Christ dans un caleçon à fleurs de Monoprix Il aura sa plus belle auréole, en plastique à dentelles mécaniques. Rien jamais sur notre quotidien,…

  • Chanson à danser

    Pour faire rire les jolies filles Pour faire danser les beaux garçons On va faire une petite chanson Comme autrefois dans mon canton C’est pas bien difficile à faire Vous allez voir, c’est sans mystère C’est pas bien difficile à faire Vous allez voir, c’est sans mystère Vous prenez n’importe quels mots Vous les mélangez à de l’eau Vous tournez pendant un quart d’heure Vous rajoutez une noix de beurre (bien frais…) Vous tournez pendant un quart d’heure Vous rajoutez une noix de beurre Si la chanson est réussie Mettez-y aussi du persil Si la chanson elle est ratée Jetez-là dans les cabinets (noirs…) Si la chanson elle est ratée…

  • Le vieux rêve

    C’est un rêve ancien Tant de fois mutilé Tant de fois survivant Aux coups du monde et du temps Freedom, love, happiness Amour, bonheur Bonheur et liberté Freedom, love, happiness Que de mensonges En vos noms que de mensonges Mais c’est plus sûr Que des milliards de gens Se lèvent chaque matin Avec l’espoir lointain Du freedom, love, happiness Amour, bonheur Bonheur et liberté Ça empêche d’y voir clair Ça empêche d’entendre et de penser Mais attends Reste encore un moment Dans, dans tes yeux Sur ta bouche, sur ton coeur Je viens de faire un rêve Un vieux rêve Tant de fois mutilé Je viens de faire un rêve…

  • Amours envolées

    Elles sont parties mes amours loin d’ici Dans le matin d’un beau jour, endormi Et la fumée des turbines obscurcit Le ciel et mon coeur a peur, aujourd’hui Oh, revenez amours envolées… Sans toi, je perds la boule, quel gâchis Le soleil devient tout noir et l’ennui Avec sa sale gueule verdâtre m’envahit Et me suit, partout sans trêve, jour et nuit Oh, revenez amours envolées… C’est vrai, j’ai pas su m’y prendre, ma jolie J’aurais dû pour te garder, t’enfermer Te faire bien plus de tendresse, ma jolie Bien plus de manières douces dans le lit Oh, revenez amours envolées… Quand tu seras dans ces pays, loin d’ici A…

  • Tango de l’ennui

    Anastasie, l’ennui m’anesthésie Je mesure aujourd’hui, combien favorisé J’étais quand je travaillais chez P’tit Louis A Billancourt sur Seine, dans l’entreprise modèle Je participais à l’expansion A six heures du matin, levé comme un aveugle Se laver, avaler son café S’enfoncer dans le noir, prendre le bus d’assaut Piétiner dans le métro, c’était le pied S’engouffrer au vestiaire, cavaler pour pointer Enlever sa casquette devant l’chef Faire tourner la machine, baigner toute la journée Dans l’huile polluée, quelle santé Surtout ne pas parler, mais ne pas trop rêver C’est comme ça qu’les accidents arrivent Et puis le soir venu, repartir dans l’autre sens Pour le même enthousiasmant voyage Heureusement un…

  • Le vieux

    Combien d’entre nous ont vu Le vieux qui passe dans la rue Épouvantail tout gris Que la cité a exclu ? La rue, les gens et le monde Vont bien trop vite pour lui Dans ses yeux, absents d’enfants Ne passe que l’effroi du temps Pour descendre et remonter Six étages d’escaliers Il faut l’éternité Quelle faute a-t-il pu commettre Le vieux tout gris qui traîne Ses vieux membres rassis ? Combien d’entre nous ont fait Quoi que ce soit de palpable Un geste, un mot, un sourire Pour le raccrocher à nous ? La vieillesse nous fait frémir On ne veut pas croire au pire Nos yeux ne retiennent…

  • Natacha

    Natacha Ton nom c’est déjà un voyage A quoi bon dépenser nos sous A vraiment partir et pour où A partir Je préfère les rivages ombreux De notre grand lit aux draps bleus Où l´on découvre des merveilles Natacha Ton ventre est une plaine à blé Où le Lion court après la Vierge Dans le soleil de juillet Et la plaine Quand elle finit c´est pour venir Caresser des montagnes douces Où je cueille des fruits délectables Natacha Après les monts après les plaines On arrive dans un pays Où les mots ne peuvent plus rien dire Un pays Où je crois voir ton visage Avec ta bouche qui s´entrouvre…

  • Paris Lumière

    Autrefois, y’avait des gens qui ont dit : « Faisons des villes Pour enterrer nos frayeurs , ce s’ra plus simple à plusieurs Ce s’ra plus simple à beaucoup, derrière nos murs de pierre L’oeil collé aux meurtrières, de chasser les hordes de loups De chasser tout c’qu’est pas nous, étrangers, pestiférés Truands, saltimbanques, filous, juifs errants et faux prophètes… » Jour et nuit de la lumière, temples d’or chatoyants Rumeurs douces de la vie, tous les samedis la fête L’âge d’or des villes vint, villes phares éblouissants Vers qui vont tous les désirs et les rêves de continents Et puis les villes ont grandi, sont devenues boulimiques Monstrueuses et…