beranger

Dure Mère

Je vois une bouche qui s’ouvre comme un trou noir
Et qui n’a pas la force d’exhaler un cri
Je crois voir un vieillard au visage ridé
On me dit c’est un enfant, je n’en crois rien

Bras et jambes squelettiques, ventre gonflé
Qu’y a-t-il vraiment dans cette outre affamée ?
Des yeux immenses de pure souffrance
Accusation au-delà de tout pardon

Demain quatre milliards de crève-la-faim
Auront-ils seulement la force de rêver ?
De rêver qu’ils mangent un riche bien gras
Un riche bien gras, bien rose, jusqu’à en crever

Lui casser le crâne, percer la dure-mère
Boire jusqu’à la lie la bonne matière grise
Intelligence d’où n’est pas sorti
Le désir, la simple idée de partager

Terre ! Terre ! Terre ! Ma Terre !
Ma dure mère !
Qu’avons-nous fait de toi ?
Qu’avons-nous fait de nous ?
Qu’avons-nous fait ?

Sur nos belles routes, les paysans
Arrosent de pétrole leurs excédents
Par millions de tonnes la bouffe invendue
Dort à jamais dans nos entrepôts géants

Terre ! Terre ! Terre ! Ma Terre !
Ma dure mère !
Qu’avons-nous fait de toi ?
Qu’avons-nous fait de nous ?
Qu’avons-nous fait ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.