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Denis a écrit le 14/03/2019:
Salut, les copains Et si Frasiak était, l'air de rien, le chanteur dont cette décennie morne et désenchantée avait besoin ? Il est inutile, je pense, de vous préciser que j'en suis convaincu depuis des années et, si j'écris "l'air de rien", c'est parce que, de tous nos troubadours actuels, il est selon moi l'un de ceux qui ont su le mieux capter l'air du temps sans en singer les tics, les mimiques et les gimmicks les plus exaspérants. Chez lui, l'ostentation et l'affectation ne sont pas de mise. Frasiak ne cultive pas une barbe de trois jours, ne trimbale pas en permanence un air fatigué et dégoûté afin que nul n'ignore l'ampleur de son spleen et n'est pas du genre à psalmodier des borborygmes inaudibles sur des rythmiques monotones et assourdissantes. Il est simple, discret, franc, chaleureux, drôle et souriant, ce qui ne nuit nullement à son charisme, bien au contraire : il en a à revendre, et ce fut un plaisir indicible de le retrouver dans une forme olympique, hier soir au théâtre Clavel, malgré le marathon harassant auquel il se livre dans toute la France depuis des mois ! Ces pérégrinations lui ont incontestablement été profitables : son tour de chant est de mieux en mieux rodé, équilibré, et ses apartés scéniques, de plus en plus savoureux, rappellent très agréablement les gags dont son "maître à chanter", auquel il n'a pas manqué de rendre hommage (François Béranger, vous avez entendu causer ?), aimait truffer ses propres récitals. Pendant plus de deux heures, Eric s'est dépensé sans compter, solidement épaulé par son pianiste et homme-orchestre Benoît Dangien, pour nous offrir, tour à tour, des bribes de mélancolie, de colère, de nostalgie et de franche rigolade, et aussi quelques nouveautés qui laissent augurer d'une cuvée de premier choix pour la fin de l'année : "Chat" (une plaisante dédicace aux despotes à poils et à quatre pattes qui nous tolèrent "chez eux"), "Les aujourd'hui qui chantent" (ou, comment construire le présent sans, du passé, faire totalement table rase), et surtout, surtout, le splendide "Charleville", hommage infiniment tendre et sensible à la ville qui l'a vu grandir, comme elle a vu grandir, quelque deux cent soixante ans plus tôt, un certain Arthur Rimbaud. Voilà, en gros, ce qu'il y avait au menu de cette délectable préparation poétique, qui s'est achevée (avant les inévitables rappels) par une "Cuisine politique" hilarante et considérablement rallongée. Et c'est le coeur plus léger et l'espoir mieux assuré que nous avons quitté, hier soir, le théâtre Clavel. Croyez-moi, ce gars-là, il en a sous le chapeau !